A critic takes a sledgehammer to a celebrated pianist

A critic takes a sledgehammer to a celebrated pianist

Orchestras

norman lebrecht

November 03, 2024

The Parisian music critic Alain Lompech (pictured) has a reputation for not respecting reputations. This week, he set his sights on the vastly popular Paris-based pianist Khatia Buniatishvili. Khatia was playing Rachmaninov’s second piano concerto with the Orchestre de Paris. Alain was in pain.

Sample text (English follows):

Parler d’interprétation du Concerto n° 2 de Rachmaninov est impossible : la pianiste est trop en deçà des exigences de cette partition. Sa maîtrise instrumentale ce soir ne lui permettrait pas d’entrer au Conservatoire de Paris. Elle a des doigts mous, aucune incrustation dans le clavier, ne joue pas une phrase legato, et seules les difficultés qui tombent miraculeusement dans ses facilités naturelles passent sans trop d’encombres. Mais la plupart du temps, ses doigts survolent le clavier : elle bluffe au piano menteur, sans emporter la mise.

Ce concerto avance donc comme une barque à la godille, par à-coups et de travers, car dès qu’elle le peut elle se pâme assise droite comme un « i », la tête, les bras, les mains immobiles, les doigts bougeant sans qu’on entende le moindre chant soutenu… pourtant depuis le cinquième rang de face. Elle n’a aucune projection du son ; plus elle joue fort, moins le piano sonne : 80% de l’énergie se perd dans l’agitation. C’est d’autant plus déprimant qu’elle donne trois bis. Le public ne les lui demande pas vraiment passé le premier, mais elle les lui offre, après lui avoir fait des démonstrations d’amour en formant un cœur, ses deux pouces et ses deux index réunis. À l’entracte, un musicien venu écouter ses copains de l’Orchestre de Paris, voyant notre mine sombre, confiera : « J’ai filmé, parce que personne ne me croira quand je raconterais. »

 

Talking about the interpretation of Rachmaninov’s Concerto No. 2 is impossible: the pianist is too far below the demands of this score. Her instrumental mastery tonight would not get her into the Paris Conservatoire. She has weak fingers, no ornamentation at the keyboard, does not play a single phrase legato; only the difficulties that miraculously fall within her natural abilities pass without too much clutter. Most of the time, her fingers fly over the keyboard: she bluffs at the lying piano, without winning the bet.

This concerto therefore moves forward like a rowing boat, jerkily and sideways, because as soon as she can she swoons, sitting straight as an “i”, her head, arms, hands motionless, fingers moving without any sustained singing being heard… yet from the fifth row. She has no sound projection; the louder she plays, the less the piano sounds: 80% of the energy is lost in the agitation. It is all the more depressing because she gives three encores. The audience does not really ask her for them after the first, but she offers them, having demonstrated her love by forming a heart, her two thumbs and two index fingers together. During the interval, a musician who came to listen to his friends in the Orchestre de Paris, seeing our dark faces, confided: “I filmed, because no one will believe me when I tell them.”

 

More here.

UPDATE: Alain has honourably sent us a conflicting review by Le Monde critic Marie-Aude Roux, who sat in the seat next to him. Marie-Aude writes:

« Paradoxal de bout en bout. Tel était le concert proposé par l’Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris ce jeudi 31 octobre. Au pupitre, l’Ukrainien Kirill Karabits, chef du Bournemouth Symphony Orchestra, qui fait, à 47 ans, ses débuts avec la phalange parisienne. Au piano, une habituée de la salle, Khatia Buniatishvili, artiste dont la popularité médiatique est désormais proportionnelle à la virulence de ses détracteurs. Trop virtuose, trop extravertie, trop incarnée et surtout trop « physique » – comme si la musique n’avait que des oreilles.
Fidèle à sa réputation glamour, la belle Franco-Géorgienne de 37 ans est entrée sur le plateau, épaules dénudées dans un long fourreau de velours noir à traîne, dont le buste ajusté s’ornait de trois gros nœuds de satin blanc en mode paquet-cadeau. Une ovation l’a accueillie tandis qu’elle distribuait des bisous à la salle.
La grande phrase reptilienne du piano à découvert qui ouvre le célèbre Concerto n° 2 de Sergueï Rachmaninov (Rach 2pour les intimes), amarrée à ses basses, s’est propulsée de manière presque mécanique, sans mystère ni rebond, tandis que l’entrée de l’orchestre suscitait quelques minutes plus tard une sorte de confusion rythmique qui se rééquilibrera peu à peu. Il sera difficile de démêler si l’entente entre la soliste et le chef est aussi cordiale qu’affichée tant le discours musical s’avère en effet paradoxal, prenant telle direction, puis telle autre, sans que l’on sache réellement, en tout cas du côté du piano, où il va. Les facilités naturelles de la musicienne font parfois illusion, comme dans ces jolies échappées distillées dans l’aigu, mais le piano, lesté de résonances trop lourdes, manquant d’ardence et d’articulation, ne sonne pas et semble se noyer dans l’orchestre.
Le solo du flûtiste Vicens Prats accompagne le fameux « Andante sostenuto », dont le thème, est-il précisé dans le programme de salle, a été repris comme « échantillon » dans la chanson d’Eric Carmen, All by Myself, magnifiée par Céline Dion. « Toute seule », c’est un peu l’impression que donne la pianiste, dont le jeu atone semble dérouler une longue plaine d’ennui, embrumée d’un legato à couper au couteau. Tête soudainement renversée, c’est avec un aplomb fougueux que Khatia Buniatishvili lancera les hostilités du Finale. Impressionnante visuellement, avec cette façon bien à elle de laisser son corps ployer sous la caresse des sons. La cadence virtuose, prise à une allure que les restrictions de vitesse de circulation du périphérique tout proche ne permettraient pas, fera son effet.
Et c’est par une seconde ovation que s’achèvera l’une des partitions qui marquent l’apothéose du concerto romantique. Trois bis tout aussi « paradoxaux » viendront clore le chapitre pianistique. Un Clair de lune debussyste tout en floutages et maniérismes (avec de curieux passages à la Rachmaninov), la partie rapide (Friska, vivace) de la Rhapsodie hongroise n° 2 de Liszt, transformée en figure d’Halloween, entre « go fast » et bastringue, suivie d’une sentimentale Javanaise, de Serge Gainsbourg, version jazzy. »

(en englais): Paradoxical through and through. Such was the concert proposed by the Paris Orchestra at the Paris Philharmonic this Thursday, October 31. At the desk, Ukrainian Kirill Karabits, conductor of the Bournemouth Symphony Orchestra, who, at 47, makes his debut with the Parisian ensemble. At the piano, a regular of the hall, Khatia Buniatishvili, an artist whose media popularity is now proportional to the virulence of her haters. Too virtuoso, too extroverted, too incarnate and above all too “physical” – as if music only had ears.

True to her glamorous reputation, the 37-year-old beautiful Franco-Georgian entered the set, bare shoulders in a long black velvet trolley, whose fitted bust was adorned with three large white satin bows in gift-box mode. A standing ovation greeted her as she gave kisses to the room.

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