Russian conductor contemplates gay-themed Onegin

Teodor Currentzis, the Perm music director who holds a Russian passport, tells forumopera.com it would be truly dangerous if he ever got around to conducting Tchaikovsky’s male-jealousy opera. Apparently, he has been doing research on the gay and cross-dressing scene in late Tsarist Russia:

Vous avez dirigé des opéras de Chostakovitch et de Prokofiev, mais à part Iolanta, vous n’avez guère abordé le grand répertoire russe. Cela ne vous tente pas ?

Pour être honnête, j’aimerais beaucoup diriger Eugène Onéguine, La Dame de Pique ou Boris Godounov. Je veux les aborder un jour, mais il faut que je trouve le bon metteur en scène, donc pour l’instant ce sont des œuvres que je garde pour plus tard. Et si je peux faire Onéguinecomme j’en ai envie, cela sera dangereux pour tout le monde !

Dangereux sur quel plan ? Pour la voix des chanteurs ou pour leur santé mentale ?

J’ai fait des recherches sur les travestis en Russie au XIXe siècle, et j’ai découvert des photos. Tchaïkovski se croyait malade à cause de son homosexualité, mais il y avait en son temps des lieux secrets où les hommes pouvaient se réunir pour prendre du plaisir ensemble. L’Onéguine de Tchaïkovski n’est pas l’Onéguine de Pouchkine, et ce qui l’intéressait, c’était la relation entre Onéguine et Lenski. Par exemple, dans son premier air, « Ia lioubliou vas, Olga », Lenski commence par utiliser le pluriel, « vous », et quand il passe au tutoiement – le « tu » s’adresse en fait à Onéguine –, c’est là que la musique devient vraiment passionnée, on voit Tchaïkovski pleurer. Quant au bal donné pour l’anniversaire de Tatiana qui se termine en bagarre, Lenski dit en fait à Onéguine « Tu n’es qu’une sale pédale, tu baises des petits garçons ». J’imagine la scène comme un bal masqué où Lenski viendrait déguisé en femme, comme le faisait alors beaucoup d’hommes. Et lorsqu’il s’en va, il garde son travestissement, en jetant simplement un manteau sur la robe. Pour le duel, qui a lieu quelques heures plus tard, je vois d’abord la maison de Larina : il neige dans la pièce, et un messager vient dire en pantomime que Lenski est mort, puis le décor pivote et on assiste à cette mort qui vient d’être annoncée. Pour le duel, Lenski enlève son manteau et il est une femme ; Onéguine tue donc une femme en tuant son ami. Et le duo final entre Onéguine et Tatiana, c’est comme la consolation des anges déchus de l’amour. Voilà ce que Tchaïkovski avait réellement en tête, pour crier son homosexualité à la face du tsar, mais d’une manière que seules deux ou trois personnes percevraient. C’est un message secret adressé par le compositeur à ceux qui le comprendraient.

Donc c’est vous-même qui vous chargeriez de mettre en scène cet Eugène Onéguine ?

Je pense qu’il faut savoir ce que voulait véritablement Tchaïkovski, qui était marié avec une femme mais qui avait cette passion secrète, qui essayait désespérément de se persuader qu’il n’était pas homosexuel. Il faut le savoir, mais il ne s’agit pas de le montrer en faisant un spectacle gay, ce qui serait extrêmement banal. Il y a une anecdote extraordinaire à propos d’une sorte de ministre de la culture qui, en Russie, à cette époque-là, avait donné des instructions très curieuses : il ne fallait surtout pas faire appel aux compositeurs homosexuels, et mieux valait employer les compositeurs alcooliques. Moussorgski, oui, Tchaïkovski, non !

Teodor_Currentzis_main (1)

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  • The “love between men” sub-theme of Eugene Onegin is about as “secret” as it is in “The Pearl Fishers” or “Don Carlo.” Having Lenski come to the ball and have his big confrontation with Onegin while dressed as a woman would make the opera weaker dramatically, as it would dilute the difference between love between friends (based on sharing) vs the love of men for women (based on possession).

  • Not exactly new. Munich presented a gay-themed Onegin directed by Krysztof Warlikowski in 2007.

    In that production (which was also influenced by Brokeback Mountain) the duel scene was set in a bedroom, with Lenski and Onegin sharing a bed. Onegin shoots Lenski as he makes advances, while a group of cowboys watch through the windows. They then perform a semi-naked cowboy dance.

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